La France, Pays d’entrepreneurs

Les Français sont de plus en plus nombreux à se lancer dans l’aventure entrepreneuriale. Un créneau porteur pour le pays, qui ne cesse de l’encourager.

 

 

« Se lancer dans l’entrepreneuriat est beaucoup moins compliqué que ce que l’on
croit, quand on a un projet il faut y aller. »

Sur le salon de la Paris Retail Week, Stéphane Leblond, entrepreneur toulousain de 27 ans, est venu présenter la nouvelle start-up, Dilit. Il y a quelques mois il s’est associé à son fondateur, Fabien Prues, avec qui il a porté le projet : une application de réalité augmentée qui met en relation commerçants et consommateurs.Sur le modèle du populaire Pokémon Go, elle permet de trouver et recevoir des bons plans et promotions localisées.

Le jeune homme n’en est pas à sa première start-up, il s’est lancé dans l’entrepreneuriat à 23 ans et compte désormais six entreprises à son actif. Et comme lui, ils sont de plus en plus nombreux à se laisser tenter.

 

La France compte actuellement plus de 9400 start-ups. Chaque année 1000 à 1500 petites nouvelles voient le jour, une explosion depuis 2012. La France peut également compter sur ses 228 incubateurs et ses 49 accélérateurs pour aider à son développement.

 

A leur tête, de plus en plus de jeunes diplômés aux grandes ambitions – 28% des créateurs d’entreprises sont âgés de moins de 30 ans. Un secteur en plein essor mais qui doit encore évoluer selon Bruno Martinaud, directeur du Master entrepreneuriat à l’Ecole Polytechnique :

 

« L’entrepreneuriat est un état d’esprit, et les américains par exemple, ont une façon de penser que nous n’avons pas, notamment sur le rapport à l’échec. Ce qui manque aujourd’hui à la France, c’est faire comprendre que tout le monde a sa chance, explique-t-il. L’entrepreneuriat va continuer d’évoluer, et il faut préparer les jeunes à être flexibles parce que les carrières linéaires n’existent plus. »

 

 

Pour encourager ces initiatives, elle n’a cessé d’évoluer ces dernières années en matière de législation. « Maintenant on peut permettre à quelqu’un qui a échoué de recommencer. », souligne Bruno Martinaud. Des propos qui rappellent ceux d’Emmanuel Macron lors de sa campagne présidentielle. Une référence à la loi croissance et activité portée par l’ancien Ministre de l’Economie. Adoptée le 10 juillet 2015, elle a permis de faciliter la vie des entrepreneurs : flexibilité administrative,
insaisissabilité de la résidence personnelle… Outre les avantages juridiques, la France regorge aussi de nombreux organismes de financement publics ou privés.

 

A l’initiative de l’Etat, la BPI (Banque Publique d’Investissement) accorde notamment la bourse FrenchTech aux jeunes pousses françaises. Une bourse d’un montant de 30 000 euros, obtenue par la start-up Dilit. « Après avoir sorti la version beta de notre application, nous avons pu présenter un dossier auprès de la BPI pour y postuler », explique Stéphane. Dilit a ainsi pu lancer en juin son application et compte déjà 10 000 inscrits.

 

« La France est un pays très favorable pour monter son business. L’appui financier y est très important», souligne le jeune
entrepreneur. D’ici à janvier 2018, la start-up va réaliser une levée de fonds auprès de fonds d’investissement et de BusinessAngels, pour pouvoir lancer une deuxième version de son application.

 

Même s’il regrette le retard de la France par rapport à d’autres pays, il ne doute pas de l’évolution positive de ce qu’il appelle « l’écosystème des start-ups ».

 

L’entrepreneuriat, au service de l’économie

 

La France, nouvelle nation d’entrepreneurs. Le phénomène est monté en puissance ces cinq dernières années d’après Jean-Michel Dalle, spécialiste de l’économie et du management de l’innovation.A la tête de l’incubateur Agoranov, il a déjà permis à plus de 300 start-ups d’éclore. Pour lui, ce virage pris par la France a une raison essentielle :

 

« Le pays fait en sorte d’encourager ce phénomène parce qu’il est un réel atout pour relancer l’économie de demain, explique-t-il. Historiquement l’économie d’un pays repose beaucoup sur le fait qu’il arrive à générer de nouveaux secteurs. La France avait un peu perdu cette capacité là et aujourd’hui elle mise sur les start-ups parce que ce sont elles qui créent de l’innovation. »

 

Emmanuel Macron ne cache pas sa volonté d’en faire la clé de l’économie de demain. Il a déjà annoncé la création d’un fonds d’investissement de 10 milliards d’euros pour accompagner la transition numérique et l’innovation.

 

 

Manon Fossat